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Les temps

Le verbe soninké ne change pas de terminaison selon la personne. Ce qui change, c'est le mot placé entre le pronom et le verbe, et la forme du verbe : radical ou forme en -ni.

Toutes les phrases ci-dessous sont produites par le moteur.

Le tableau

Temps Construction Exemple Traduction
passé pronom + verbe ake n'daga il est parti
passé avec objet pronom + di + objet + verbe ake n'di maro n'yiga il a mangé le riz
action en cours pronom + yi + forme en -ni nke yi yigene je mange
demande pronom + na + verbe a na yige qu'il mange
demande avec objet pronom + na + objet + verbe a na maro n'yiga qu'il mange le riz
futur lointain pronom + rini + verbe nke rini daga je partirai (plus tard)
sur le point de pronom + fayi rini + verbe nke fayi rini daga je suis sur le point de partir
en train de (watia) pronom + fayi + forme en -ni + watia ake m'fayi yigene watia il est en train de manger, là, maintenant
futur pronom + yi rini + verbe anke n'yi rini daga tu partiras
négation du passé pronom + maxa + verbe a maxa daga il n'est pas parti
négation du futur pronom + n'ti rini + verbe anke n'ti rini daga tu ne partiras pas
négation du futur (variante) pronom + n'taxa rini + verbe anke n'taxa rini daga tu ne partiras pas

L'impératif

Il ne montre pas son sujet :

daga                  pars
taxu                  assieds-toi
maro ke yiga          mange le riz
ke kitabe wutu        prends ce livre
maxa daga             ne pars pas

Au pluriel, xa (vous) apparaît devant le verbe :

xa guiri              levez-vous
xa terinke            écoutez
xa maxa mungo         n'oubliez pas

Avec un objet, il n'y a pas de marqueur di : l'objet précède simplement le verbe.

Trois zones à ne pas confondre

Le français dit « je mange » pour trois choses que le soninké distingue :

Soninké Français Valeur
nke yi yigene je mange l'action se fait maintenant
nke fayi rini yige je suis sur le point de manger l'action va commencer
nke m'fayi yigene watia je suis en train de manger insistance sur le moment
n na yige que je mange une demande, une invitation

na n'est donc pas un présent : anke na ri oku ka veut dire « viens chez nous », et o na sanga « jouons ».

Dans un récit au passé, yi + forme en -ni se lit « était en train de » : ma-ma yi taxunu = elle était assise. C'est le contexte qui tranche, pas la forme.

Trois façons de dire l'action en cours

Elles sont équivalentes (confirmé par le locuteur) :

Construction Exemple
yi + forme en -ni nke yi maro ke yigane
fayi + forme en -ni nke fayi maro ke yigane
do … me autour du nom d'action nke do maro ke yigaye ni ya me

watia peut s'ajouter aux deux premières pour insister sur le moment : nke fayi yigene watia.

guida niaxare a do yirame waqinde me
ma sœur        est en train de  habits  lavé

Le moteur produit les deux premières. La troisième demande le nom d'action de chaque verbe (yigaye pour manger, soreye pour cuisiner), qui reste à recueillir.

Le mécanisme commun : yi / ti

Le locuteur a donné la clé : yi veut dire « est », ti veut dire « n'est pas ».

nke yi mula     je le veux
nke ti mula     je ne veux pas

Tout le système s'en déduit :

Forme Décomposition littérale
yi rini daga est à venir partir → il partira
n'ti rini daga n'est pas à venir partir → il ne partira pas
fayi rini daga est en train de venir partir → il part
a yi taxunu il est assis
a yi wurunu il est en train de courir

rini est la forme en -ni du verbe ri (venir) : ce qui est à venir. fayi vient du verbe faye (regarder).

Le passé, lui, n'a aucun marqueur : c'est l'absence qui le signale.

La forme en -ni

Le suffixe reprend la dernière voyelle du radical :

Verbe Forme en -ni
daga (partir) dagana
ri (venir) rini
yige (manger) yigene
sefe (parler) sefene
wuru (courir) wurunu
mini (boire) minini
wori (voir) worini
faye (regarder) fayeni

Pour les trois derniers, le radical seul se dit aussi.

Une ambiguïté réelle

Pour le verbe venir, le futur et l'imparfait se confondent : nke yi rini signifie aussi bien « je viendrai » que « je venais ». Le verbe n'est pas répété après rini, qui porte déjà le sens de venir.

Ce qui reste à décrire

L'impératif, le subjonctif, la condition avec n'gana, et le conditionnel. Les formes existent dans les textes mais ne sont pas encore dans le moteur.