Structure du soninké : notes de recherche¶
Ces notes ne sont PAS des règles du moteur. Elles viennent de la littérature (autres dialectes, autre orthographe) et servent uniquement à comprendre la structure de la langue et à poser de meilleures questions. Seules les formes confirmées par le locuteur du projet vont dans
data/grammaire/soninke.yaml.
Ce que dit la littérature, et ce qui semble concorder avec corp1.xlsx¶
| Point de structure (littérature) | Observé dans le dialecte du projet | Statut |
|---|---|---|
| Deux séries de pronoms : emphatiques inke, anken, aken, oku, xakun, ikun et courts in, an, a, o, xa, i | nké, anké, aké, okou, xakou, ikou | confirmé : xakou = vous, ikou = ils/elles |
| Accompli positif : aucun marqueur entre le sujet et le verbe (Creissels) | aké n'daga, anké l'ri |
concorde |
| Tous les autres temps et les négations : un mot grammatical entre le sujet et le verbe | maxa, yi rini, n'ti rini, fayi rini |
concorde |
| Ordre S (marqueur) O V X : objet avant le verbe, compléments de lieu et de temps après | aké n'di maro n'yiga, aké n'daga sakha, nké daga darou |
concorde |
| Question oui/non : particule en fin de phrase | anké n'daga ya ba |
concorde |
| Le verbe peut changer de voyelle finale selon la construction (voix, transitivité) | n'yigué / aké n'di maro n'yiga : di indique que l'action s'effectue sur l'objet, le verbe devient yiga |
confirmé pour ce verbe |
Orthographe standard : x (= kh), u (= ou), ŋ, ɲ, voyelles longues doublées |
le projet écrit x (confirmé), ou, é | orthographe du locuteur |
Creissels 2018 (soninké du Kingi, Mauritanie) comparé au dialecte du projet¶
Source : https://journals.openedition.org/mandenkan/1271. Ce sont des hypothèses tant que le locuteur ne les a pas confirmées.
| Creissels (Kingi) | Dialecte du projet | Hypothèse |
|---|---|---|
| Accompli transitif : marqueur dà entre le sujet et l'objet (Hàré-n dà yúgò-n dànbú) ; intransitif : pas de marqueur | aké n'di maro n'yiga / aké n'daga |
di = marqueur de l'accompli avec objet |
| Gérondif : suffixe -nV (qóbó → qóbó-nó) | dagana, yigéné, rini |
daga-na, yigé-né, ri-ni (gérondif de venir) : il faudrait donc écrire dagana collé |
| Négation de l'inaccompli et du projectif : ntá + gérondif | anké n'ti dagana, ikou n'ti rini |
n'ti + gérondif |
| Inaccompli transitif : nà | aké m'fayi yigéné watia |
à explorer |
| Négation de l'accompli : má ; négation du subjonctif : nàn máxà | maxa ; aké mi maro n'yiga |
mi = négation avec objet ? |
| Les tons ne sont pas écrits dans l'orthographe courante | — | le projet n'écrit pas les tons |
Creissels & Diagne 2013 (Bakel), Grégoire 1979, Diagne (focalisation)¶
Hypothèses tirées de ces sources, à confirmer par le locuteur.
1. La particule n' / m' / l' = assimilation du nasal N¶
Chez Creissels et Diagne, le nasal |N| prend la forme de la consonne qui suit : N + f → mp (ḿpàré), N + m → mm, N + r ou l → ll (ĺlémmè), N + t → nt, N + k → ŋk, N + voyelle → ŋ. C'est exactement la règle C du projet (b, f, m → m' ; r → l'). Prédiction pour les initiales encore non confirmées : p → m', l → l', n → n'.
2. Gérondif (inaccompli) : suffixe -nV qui copie la dernière voyelle¶
daga → daga-na, sefe → sefe-ne, ri → ri-ni, yige → yige-ne, bire → bire-ne, muuru → muuru-nu. Mais après t, r, n, g, x, f, s la voyelle tombe et les consonnes s'assimilent : wari → walla, kara → kalla, goro → gollo, katu → katta, kanu → kanna, xenu → xenne, mugu → mukku, kafu → kapa, xesu → xece. Il existe des exceptions (yiga → yigana, daga → dagana, saaga → saagana) et des variantes (walla / warini). Conséquence : le gérondif reste à confirmer verbe par verbe, mais on peut le proposer.
3. Transitif / intransitif¶
- dà (le
didu locuteur) : obligatoire au passé quand il y a un objet ; absent sans objet. - Les verbes en a, o, u ont une forme sans objet en e ou i : yiga → yige (a + i → e),
katu → kati (u + i → i), goro → gore (o + i → e). Cela explique
ake n'yige(il a mangé) etake n'di maro n'yiga(il a mangé le riz). - -ndi : antipassif (« faire l'action sur quelque chose de non précisé ») ou causatif (« faire faire »). Exemples : yiga-ndi = faire manger ; qiñi-ndi = mordre (quelqu'un).
- Négation du passé : má (le locuteur dit
maxa, etmiavec un objet ?). - Subjonctif : nàn (sans objet) / nà (avec objet).
4. Questions et mise en relief¶
- ya (écrit /ja/) après le mot mis en relief ; yan quand c'est le sujet.
- Construction clivée : X ya ni S ga V (« c'est X que S… »). Cela explique
mane ni anke gi ri ?(pourquoi es-tu venu ?) : mane = pourquoi, ni = c'est, gi = ga.
5. Vocabulaire qui recoupe celui du locuteur¶
lenki = aujourd'hui (locuteur : lenki) ; xunbane = demain (locuteur : kumbene) ; daarume = avant-hier (locuteur : daru = hier) ; saxa = marché (locuteur : saxa) ; mini = boire ; wari = voir (locuteur : wori) ; yiga / yige = manger.
Expliqué par le locuteur¶
- rini vient de ri (venir) : il marque ce qui est « à venir ». On le trouve au futur (
yi rini), au progressif (fayi rini) et à la négation du futur (n'ti rini). Cela explique pourquoiriniapparaît dans des phrases avec venir sans querisoit répété (okou yi rini koumbéné,ikou n'ti rini). Les formes exactes restent à confirmer. - fayi vient du verbe fayinder (radical faye). Il sert au progressif, et la particule s'y colle comme devant un verbe (
anké m'fayi…,f→m'). fayinder = regarder.
CONFIRMÉ : yi / ti est l'auxiliaire de toute la conjugaison (2026-09-17)¶
Le locuteur confirme : yi = est, ti = n'est pas, suivis du verbe à la forme en -ni. Ce que le moteur appelle « marqueurs de temps » se décompose donc :
| Forme du moteur | Décomposition |
|---|---|
yi ri-ni daga (futur) |
yi (est) + ri-ni (à venir) + daga |
n'ti ri-ni daga (futur négatif) |
ti (n'est pas) + ri-ni + daga |
fayi ri-ni daga (présent progressif) |
fayi (est en train) + ri-ni + daga |
ma-ma yi taxu-nu (elle était assise) |
yi + forme en -nu |
nke ni tere-ne (je marchais) |
ni + forme en -ne |
nke yi mula / nke ti mula |
je le veux / je ne veux pas |
Conséquence pour le moteur : les temps pourraient être décrits comme
« auxiliaire + verbe en -ni », au lieu d'une liste de marqueurs figés.
Reste à savoir quand l'auxiliaire s'écrit yi et quand il s'écrit ni.
Sources¶
- Creissels & Diawara, esquisse de grammaire du soninké (LGIDF, CNRS) : https://lgidf.cnrs.fr/sites/lgidf.cnrs.fr/files/images/SONINKE_24_06_19_A4.pdf (non téléchargeable automatiquement)
- LGIDF, pronoms personnels : https://lgidf.cnrs.fr/node/676
- Creissels, verbes statifs en soninké (Mandenkan 59) : https://llacan.cnrs.fr/PDF/Mandenkan59/59_2creissels.pdf
- SIL, Guide d'écriture de la langue soninké : https://www.sil.org/resources/archives/91212
- O. M. Diagana, Dictionnaire soninké-français (Mauritanie), Karthala 2011, plus de 5 800 entrées
- Y. Diagana, Éléments de grammaire du soninké
- Glosbe français-soninké : https://fr.glosbe.com/fr/snk
- Hugging Face,
sil-ai/bloom-lm(configsnk, 35 histoires) etsil-ai/bloom-speech(audio) - Grokipedia, « Soninke language » : peu fiable (exemples non sourcés), à ne pas utiliser
Aucun corpus parallèle soninké-français public n'a été trouvé : le dataset du projet comblerait un vrai manque.